Les 14 stations du curé Labelle

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Nouvelle de l’atelier

En marge de sa production courante, Dominique Beauregard travaille avec assiduité à son ambitieux projet Les 14 stations du curé Labelle, un récit en 14 tableaux qui relatera les hauts faits de la vie du célèbre curé de Saint-Jérôme ainsi que les épisodes et les facettes moins connues de ce personnage incontournable de l’histoire des Laurentides. Féru d’histoire de la colonisation de son coin de pays, l’artiste possède une imposante collection d’ouvrages originaux portant sur le sujet, dont plusieurs titres écrits par le curé Labelle. Afin de documenter cette fresque historique, Dominique Beauregard s’est attelé à l’immense tache de «défricher» une masse imposante de lettres écrites par le curé Labelle et qui n’avaient jamais été décryptées jusqu’à ce jour.

C’est donc avec un souci du détail exemplaire que chacune des toiles des 14 stations du curé Labelle est peinte dans le style inédit de l’artiste qui représente les figures de l’histoire des Laurentides sous la forme d’animaux anthropomorphisés. Au cours des prochaines semaines, Dominique Beauregard préparera le dossier de présentation de son projet qu’elle soumettra au Musée d’art contemporain des Laurentides.

Un passé qui ne peut pas mourir

chg Sainte-Adèle, une nuit de juillet 1933. Un homme revient de l’une de ses longues promenades nocturnes au sein de ses collines natales qu’il affectionne. Leurs silhouettes, familières et rassurantes, dominent le village de Sainte-Adèle toujours endormie sous le ciel bleu de Prusse de cette fin de nuit d’été. D’ordinaire, ses vagabondages lui apportent paix et calme, mais pas cette nuit. Il est agité. Les idées se bousculent dans sa tête, se mettent en place, se cristallisent. Fébrile, il rentre chez lui, sans bruit, et s’installe à son bureau. D’un trait, il jette sur le papier le premier chapitre d’une œuvre qui changera le cours de son existence. Une œuvre relatant la vie et la petite histoire de personnages auxquels des générations s’attacheront.

Quelques semaines plus tard, Claude-Henri Grignon achève son roman Un homme et son péché. Il en fait la lecture à un groupe d’amis qui l’encourage vivement à publier son œuvre. Le manuscrit est présenté au directeur des éditions du Totem. Dès décembre 1933, le roman édité à 3000 exemplaires se retrouve en librairie au prix de 50 sous. En 1934, l’auteur remanie légèrement son texte et lui donne sa forme définitive. Le roman remportera un vif succès et fera l’objet d’une dizaine de rééditions.

L’engouement alors manifesté pour ce récit, inspiré de faits et de personnages réels, n’est que la prémisse de ce qui sera aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands succès de la littérature canadienne-française. Cette peinture des mœurs paysannes fera les beaux jours de la radio de l’époque, sera transposée sur la scène, dans une bande dessinée, au cinéma et, finalement, à la télévision dans la série culte Les belles histoires des pays d’en haut.

Le titre de l’œuvre Un passé qui ne peut pas mourir est tiré d’une citation de Claude-Henri Grignon alors qu’il présentait le tout premier épisode de la série télévisée. Une phrase aux échos prophétiques puisqu’en 2012, la série est diffusée en reprise trois fois par jour sur les ondes d’ARTV.

Dominique Beauregard immortalise, dans son style inédit empruntant à la peinture anthropomorphe, ce moment où Valdombre — l’un des pseudonymes de Claude-Henri Grignon —, dans le silence du crépuscule, amorce l’écriture de son roman. Riche en symboles, l’œuvre présente le célèbre auteur et pamphlétaire adélois assis à son bureau, une éternelle cigarette clouée au bec, portant foulard, chapeau et bretelles. À ses pieds, un loup qui dort, blottis contre des sacs d’avoine où sont cachées des pièces d’or. Il s’agit de Séraphin, l’avare qui, à ce moment précis, sommeille encore dans l’encre de la plume qui lui donnera bientôt vie et qui placera les sacs dans la fameuse chambre mystérieuse dans le haut-côté où il ira régulièrement caresser son or. Il s’agit également d’un clin d’œil de l’artiste à Mousseline, la fidèle chienne de Claude-Henri Grignon. Le bureau de l’écrivain est décoré d’un olivier symbolisant le succès qui bientôt fleurira. Deux magnifiques érables imposent leur silhouette et forment le cadre de la scène soulignant ainsi l’origine canadienne-française de l’œuvre.

Un passé qui ne peut pas mourir est un hommage qui s’ajoute à une série de toiles consacrée aux Grignon, l’une des familles fondatrices des Laurentides. Parce qu’ils ont été écrivains, médecins, journalistes, juge de paix et maires, les Grignon ont documenté fidèlement la colonisation des Laurentides et de Sainte-Adèle. Ils ont également joué un rôle actif dans son histoire et ont influencé son cours. Près de 80 ans après sa création, l’œuvre de Claude-Henri Grignon résonne encore, d’un océan à l’autre, même chez nos voisins du sud où certains épisodes des Belles histoires des Pays d’en haut étaient jusqu’à tout récemment diffusés.

Don d’une toile à l’Échelon

le-petit Pour une deuxième année, Dominique Beauregard a répondu à l’invitation de l’Échelon des Pays-d’en-Haut en faisant don d’une toile à cet organisme qui œuvre auprès de personnes qui ont vécu ou qui vivent avec un problème de santé mentale. L’exposition-encan « Parle-moi d’amour dans les Pays-d’en-Haut », qui en est à sa 4e édition, est parrainée par les Impatients de Montréal.

Beaucoup d’autres artistes de grands talents ont également répondu à l’appel en offrant une toile de format 10×10. Les profits seront remis à l’organisme.

Cette année, l’œuvre cédée par Dominique Beauregard est une acrylique sur toile de 10×10 qui s’intitule simplement Le p’tit et représente un faon qui dort paisiblement.

Lancement de l’exposition et conférence de presse : 2 février 2011 à 17 h 30 à la bibliothèque municipale de Saint-Sauveur (Chalet Pauline Vanier)
L’exposition se tiendra du 3 au 23 février 2012.
La clôture de l’exposition-encan aura lieu le 23 février 2012.

Vigile

vigile-3 VIGILE est une acrylique sur toile de 18 x 24, réalisée dans le cadre d’une commande spéciale. Il arrive à l’artiste d’accepter une commande, mais uniquement lorsqu’elle dispose d’une entière liberté d’expression. Ce fut le cas avec ce projet où il s’agissait de rendre hommage à une personnalité adéloise.

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Fraîchement sortie de l’atelier

Quatre autres toiles de la production automnale:

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1 - Fin finaud | 2 - La couvée | 3 - La tempête |4 - Blanc comme neige.

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Peu, mais bien!

peu-mais-bien Peu, mais bien ! Titre inspiré de la devise chère à Wilfrid Grignon, une devise qu’il aurait voulu voir écrite sur chacun des lots de colonisation : « Peu mais bien ! ce qui vaut infiniment mieux que beaucoup, mais mal ! Que de vieux colons regrettent aujourd’hui leurs procédés désastreux de colonisation ! On a massacré impitoyablement les forêts ; on a défriché des centaines d’arpents de terre, quand 50 arpents suffisaient pour assurer l’existence d’une famille et d’un troupeau nombreux. »*

Aîné d’une famille fondatrice de la région des Laurentides comptant onze enfants, Wilfrid Grignon est l’une des figures marquantes de Sainte-Adèle. Reçus médecin en 1877, il pratiqua quelque temps à Sainte-Thérèse avant d’aller s’établir à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick. Mais l’appel du pays le poussa à revenir dans les montages qui l’avaient vu naître. Ainsi, vers la fin de 1878, sous l’insistance du curé Labelle, il s’établit à Sainte-Adèle, récemment ouverte à la colonisation, dans un village qui ne comptait que quatorze maisons. Époque de misère, de privation et de pauvreté que celle de la colonisation: « Le docteur Grignon embrassa, comme si c’eût été une vocation, ce nouveau combat de la vie, et fit preuve dans la mêlée d’un courage sans exemple. Il aima, par-dessus tout les hommes de la terre, et sa passion du sol, il la puisait dans la nature enchanteresse au milieu de ces âmes fières et rustiques, les seuls survivants de la race française, venus sur cette terre pour aimer Dieu »**.

Une agriculture qui s’annonce florissante l’incite à fonder, en 1888, la Société d’agriculture ainsi que les cercles agricoles, deux initiatives qui rendirent des services inestimables aux agriculteurs de l’époque. Le médecin « nouveau genre », sous les regards sceptiques de ses détracteurs, établit une ferme expérimentale tout près du village « Il y appliqua les nouveaux modes de culture, en fit bénéficier tout le monde ; et, il réussit si bien qu’il fut lauréat du Mérite agricole. »** Ce n’est pas un hasard si, dans son adaptation télévisuelle d’un homme et son péché — Les belles histoires des Pays d’en haut —, Claude-Henri Grignon nous présente un Léon Dalbrand qui, avec sa ferme expérimentale, sa passion pour la terre et sa grande prodigalité envers les colons, nous rappelle étrangement le père du célèbre auteur Adélois.

Maire de Sainte-Adèle de 1886 à 1892, et de 1898 à 1904, il fut également conseiller, juge de paix et préfet du comté de Terrebonne. En 1898, il fonde une pharmacie vétérinaire qui fut florissante. Conférencier agricole pendant vingt-deux ans à travers la province, il fut également un écrivain qui noircissait les colonnes de quatre quotidiens et un journaliste influent dont les articles ont largement contribué à moderniser les méthodes d’agriculture de l’époque. La plume lui « coûtait deux ou trois heures de travail tous les jours »**. On dit que ses activités l’occupaient dix-sept heures par jour. Premier levée et dernier couché au village, on le surnommait « le veilleur du village ». Né le 20 août 1854 à Saint-Jérôme, c’est le 23 juin 1915, au terme de trois années de souffrances qu’il « vit pour la dernière fois le soleil se lever sur les montagnes et le lac du village qu’il avait tant aimé ».**

Cette toile est un hommage à cet homme, à son époque, et à tous les colons qui ont bâti les Laurentides.

[Cette toile a été achetée par un collectionneur adélois qui possède déjà cinq autres toiles de l'artiste, notamment celles de la série historique portant sur la colonisation des Laurentides.]

* Rapport du congrès de la colonisation, tenu à Montréal les 22,23 et 24 novembre 1898. Publication faite par les soins et sous la direction de «La Société Générale de Colonisation et de Rapatriment de la Province de Québec» P.120
**Histoire de la paroisse de Sainte-Adèle, L’Abbée Edmond Langevin-Lacroix qui cite un texte attribué au fils de Wilfrid Grignon, le célèbre auteur Claude-Henri Grignon.

Féérie des couleurs

Du 8 au 10 octobre 2011, Dominique Beauregard exposera sa production 2011 lors de l’événement la Féérie des couleurs, l’exposition annuelle des artistes-peintres de Sainte-Adèle (AAPSA).

Chaque automne, 2000 à 3000 visiteurs viennent admirer les œuvres de plus de quarante artistes de la région des Laurentides. Un florilège de couleurs et de textures qui emprunte à tous les styles, de l’abstrait au figuratif, dans une célébration de la créativité des artistes de la région des Laurentides. Plus important événement du genre à Sainte-Adèle, la Féérie des couleurs est une tradition bien ancrée qui, année après année, ajoute sa couleur à l’automne adélois en présentant plus de 400 œuvres. Outre les œuvres de sa production régulière, Dominique Beauregard présentera Coup de théâtre, une toile hors série produite dans le cadre du Festival Jean Natte, un événement qui se tiendra à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson en même temps que la Féérie des couleurs.

L’histoire se donne en spectacle!

Le 10 août dernier avait lieu au Bistro à Champlain le dévoilement de l’œuvre Coup de théâtre, produite dans le cadre du Festival Jean Natte, un événement mit sur pied par l’historien Alain Messier qui se tiendra cet automne à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Lors du dévoilement de son œuvre, l’artiste s’est vu remettre, en présence de Mme Monique Nadeau, propriétaire du célèbre restaurant, une commandite de la Caisse Desjardins des Pays-d’en-Haut représentée par Mme Karine Laramée, conseillère en communication et vie associative, pour la production de la signature visuelle du festival qu’elle avait le mandat de réaliser. La toile peut être vue au Bistro à Champlain situé au 75 chemin Masson à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson.

Passionnée par l’histoire, l’artiste-peintre Dominique Beauregard, également designer graphique, a accepté avec empressement de concevoir le logo de ce festival de marionnettes qui nous fait connaître Jean-Sébastien Natte, le premier marionnettiste ayant vécu de son art en Nouvelle-France. Dans la foulée, elle a proposé de produire une œuvre dédiée à ce «joueur de marionnettes» qui a marqué son époque. Les personnes qui souhaiteraient se procurer ce tableau peuvent communiquer avec l’artiste au 450 229-1294.

Dans l'ordre habituel : Dominique Beauregard, Monique Nadeau, Bistro à Champlain et Karine Laramée, conseillère en communication et vie associative à la Caisse Desjardins des Pays-d’en-Haut, partenaire financier majeur du festival.

Photo: André Bérard

Coup de théâtre

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Dans cette nouvelle œuvre Coup de théâtre, produite dans le cadre du Festival Jean Natte qui se tiendra cet automne à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, Dominique Beauregard tire sur un fil de l’histoire rattaché à Jean-Sébastien Natte, dit le Père Marseille, le premier marionnettiste à vivre de son art en Nouvelle-France. Né le 20 janvier 1734 à Marseille — d’où son surnom — et décédé le 12 juillet à Québec 1803, il fut soldat, peintre et marionnettiste.

On estime que le début de ses activités théâtrales remonte à 1792, année où Jean-Sébastien Natte se dit «joueur de marionnettes». Chaque année, entre Noël et le carême, il offre des représentations que Philippe-Joseph Aubert de Gaspé — romancier à qui l’on doit Les anciens Canadiens — qualifiera de «brillant théâtre». Des représentations burlesques où les marionnettes parlent et dansent au rythme des instruments de l’époque. Affublé d’une «immense bouche», le marionnettiste s’emploie à «désopiler la rate des nombreux spectateurs avides d’entendre les saillies qu’il prête à ses poupées ». Principalement destinés aux enfants, ces spectacles d’humour bouffon se déplacent régulièrement chez les «chefs de famille de la première société canadienne». Souvent, la soirée se termine par un dîner et un bal.

Un grenadier grandeur nature peint en «couleurs vives et éclatantes» faisait office d’enseigne du théâtre. L’apogée du succès de Natte aura lieu lors d’une représentation donnée en présence du prince Edward Augustus entre 1791 et 1794. Étrangement, à l’aube de ce succès, le marionnettiste nourrissait déjà le projet de mettre fin à leurs activités, comme en témoigne un acte notarié datant de 1790 où il vend le théâtre et son matériel à François Barbeau, son beau fils. Ce dernier parviendra à prolonger l’œuvre de Natte durant près d’un demi-siècle.

Un troisième propriétaire assistera à l’anéantissement du théâtre, lors du soulèvement des patriotes en 1837-1838, alors que la police viendra «démolir» et «piller» le célèbre établissement. On dit que les loyaux, dans un geste visant à humilier les patriotes, «accrochaient sur les marionnettes des noms de rebelles, pour ensuite les promener sur la place publique.»

L’œuvre de l’artiste Dominique Beauregard est un clin d’œil, un coup de théâtre, où patriotes et marionnettes prennent leur revanche et réécrivent, à leur façon, un acte de leur propre histoire, sur la scène du légendaire théâtre de Jean-Sébastien Natte. Un patriote — dont la posture et l’habillement rappellent la célèbre illustration du peintre et caricaturiste Henri-Julien — se tient sur la scène d’un théâtre devant un rideau où est peint un paysage agricole semblable à celui qui a connu la rébellion des patriotes. Il manipule une marionnette personnifiant un grenadier qu’il fait marcher au pas, tête baissée, dans une attitude de soumission. Ce n’est pas un hasard si les traits du patriote-marionnettiste reproduisent le caractère distinctif du visage du joueur de marionnette, avec son nez aquilin et son menton en galoche.

Le coureur des bois

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Le coureur des bois, une acrylique sur toile de 36 x 30 est la plus récente œuvre de l’artiste. Il s’agit d’une commande exécutée pour une cliente adéloise qui en est à sa deuxième acquisition. L’artiste est particulièrement satisfaite du rendu des mélèzes qui a exigé beaucoup de patience et de précision. Le raton laveur, personnage incontournable dans l’œuvre de l’artiste, devient ici un coureur des bois qui arpente des sentiers secrets connus de lui seul, à l’abri des curieux.

Fraîchement sortie de l’atelier

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Gare au loup ! : 16 x 20  [Collection privée]
Dolce Vita : 12 x 12  [Collection privée]
Le champs du printemps : 12 x 48  [Collection privée]

Un franc succès

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L’édition 2010 de la Féerie des couleurs fut un franc succès pour Dominique Beauregard qui a vendu la majorité des toiles qu’elle présentait en plus d’une œuvre de grand format demeurée à l’atelier. L’artiste a également accepté quelques commandes de clients et établit des contacts en vue de son projet les quatorze stations du curé Labelle, une exposition en solo qui rendra hommage au célèbre prêtre colonisateur et sur laquelle elle travaille en marge de sa production habituelle consacrée à la faune et à la flore laurentiennes. Le carnet de commandes de l’artiste s’allonge et porte maintenant à plusieurs mois le délai d’attente avant livraison.

Dominique Beauregard tient à remercier ses nouveaux clients ainsi que les habitués qui la suivent et l’encourage depuis le début. L’artiste tient également à remercier plus particulièrement l’entreprise adéloise Mærix, l’un des commanditaires de l’événement :«Depuis maintenant trois ans, Mærix est l’un des commanditaires majeurs de l’Association des artistes-peintres de Sainte-Adèle. Je crois qu’il est important de souligner le fidèle soutien de cette entreprise adéloise à la diffusion et à la valorisation de l’art dans les Laurentides.»

Photo: André Bérard

La soupe aux herbes

soupe-aux-herbes Nouvelle fresque de la série portant sur l’histoire de la colonisation des Laurentides, La soupe aux herbes est inspirée du livre Histoire de la paroisse de Sainte-Adèle de l’abbé Edmond Langevin-Lacroix, publié en 1927 à l’occasion du 75e anniversaire de la fondation de la paroisse de Sainte-Adèle. L’ouvrage de l’abbé est l’un des rares qui donnent la parole aux colons.

Ces derniers livrent un récit émouvant de la dure réalité de cette période marquée par la misère et les privations et où l’on devait souvent se contenter d’un seul repas par jour. La soupe aux herbes était préparée avec les herbes que l’on trouvait sur place: «Là, on fait bouillir dans l’eau des choux gras, des feuilles de patates, on jette la première eau, verte comme de la peinture. Quand on le peut, on laisse tomber là-dedans un peu de viande et de la farine pour épaissir le bouillon», se souvient Mme Dubé, 81 ans (en 1927).

L’artiste, à travers son univers visuel unique, nous rappelle le quotidien rude et austère des colons vivant à cette époque pas si lointaine. Encore aujourd’hui, plusieurs se souviennent de cette «soupe verte» que préparait leur grand-mère qui tenait elle-même la recette de ses grands-parents. La soupe aux herbes est l’écho d’un passé encore vivant. Un humble hommage rendu à ceux et celles qui ont construit ce coin de pays avec le ventre vide.

La toile de format 30 X 48 sera exposée les 9, 10 et 11 octobre prochains au Chantecler à l’occasion de la Féerie des couleurs, l’exposition de l’association des artistes peintres de Sainte-Adèle (AAPSA)

Féerie des couleurs

Dominique Beauregard exposera ses plus récentes œuvres dans le cadre de la Féerie des couleurs, l’exposition annuelle de l’Association des artistes-peintres de Sainte-Adèle (AAPSA) dont elle est une membre active. En plus des œuvres de l’artiste, les visiteurs pourront aussi découvrir le travail des 37 autres artistes-peintres membres de l’AAPSA.

Dominique Beauregard présentera, entre autres, sa dernière toile de la série portant sur l’histoire de la colonisation des Laurentides : la soupe aux herbes.

Samedi, 9 octobre de 11 h à 19 h
Dimanche, 10 octobre de 10 h à 19 h
Lundi, 11 octobre de 11 h à 16 h

À l’Hôtel le Chantecler
1474, chemin Chantecler, Sainte-Adèle
Autoroute 15 Nord, Sortie 67

Hommage au curé Labelle

Dominique Beauregard rend hommage au curé Labelle en déposant une urne commémorative sur la tombe du célèbre prêtre-colonisateur.

L’artiste adéloise — qui prépare un projet spécial de quatorze toiles relatant les moments importants et méconnus de la vie et de l’œuvre du célèbre curé — a obtenu la permission de la paroisse de Saint-Jérôme de déposer une urne commémorative, qu’elle a elle-même fabriquée, dans la crypte de la chapelle du cimetière de Saint-Jérôme, construite par le curé en 1887 et où repose son corps depuis 1891. L’urne en verre contient une humble gerbe de blé, un poème de Khalil Gibran, la photo du curé Labelle et une photo d’une toile de l’artiste intitulée «Emparons-nous du sol!» où l’on voit le curé — représenté par un ours dans l’œuvre de l’artiste — accompagné des «ses colons», représentés par des renards.

«Tout au long de mes recherches dans les archives, effectuées dans le cadre de ma série de toiles portant sur la vie et l’œuvre du curé Labelle, j’ai été amené à connaître plus intimement un personnage qui dépasse de loin les habituels clichés qui lui sont accolés», affirme Dominique Beauregard qui possède une importante collection de livres anciens, dont certains exemplaires rares écrits par le célèbre curé. «Le curé Labelle était un visionnaire, un homme d’Église qui s’est néanmoins lié d’amitié avec Arthur Buies, un anticlérical féroce, considéré comme l’un des plus grands esprits libres de son époque, et qui distillait son venin dans son journal la Lanterne, réédité en 1884 alors qu’il travaillait pour le Curé Labelle», rappelle Dominique Beauregard. «C’est un personnage tout en contraste, au caractère bouillant, ouvert et curieux. L’homme d’une seule idée, celle de la colonisation des Laurentides. J’ai tenu à lui rendre hommage, car j’estime que son rôle dans le développement de notre région a tendance à sombrer dans l’oubli, lui qui avait prédit un jour que cette région deviendrait une importante destination touristique», ajoute l’artiste.

Elle compte présenter son projet spécial lors d’une exposition consacrée au prêtre-colonisateur d’ici plus ou moins un an. Elle est actuellement à la recherche de commanditaires et de partenaires qui souhaiteraient se joindre à son projet qui comprendra aussi la publication d’un livre à saveur historique qui placera les toiles dans le contexte historique qui les a inspirées. L’artiste souhaite que cet ouvrage intéresse les écoles de la région des Laurentides qui pourraient éventuellement l’utiliser dans le cadre d’un cours portant sur l’histoire de cette région.

Dominique Beauregard tient également à remercier Mme St-Pierre et M. Daoust, curé de la paroisse de Saint-Jérôme, qui lui ont permis de rendre hommage, à sa manière, au curé Labelle à qui elle consacre une grande partie de son œuvre.

Chasse gardée

toile-dominiquefb L’artiste vient de signer sa plus récente œuvre intitulée Chasse gardée, un tableau qui s’inscrit dans la série nature et qui met encore une fois en scène la faune et la flore laurentienne et ses protagonistes, ici des perdrix, un renard et une petite nyctale, une des seules chouettes dont on peut entendre le cri durant le jour. Un cri qui résonne comme une alerte !

Dans ce tableau, le scénario qui se dessine n’est pas forcément celui que l’on croit. Le renard se prépare à bondir sur ses proies qui picorent distraitement sans se soucier de sa présence. Il ignore que les volatiles ont une entente avec la nyctale qui, bien qu’apparemment endormie, veille sur elles. Dès que le renard amorcera son attaque, la chouette poussera son cri d’alerte qui fera fuir les perdrix privant ainsi le prédateur de son repas. Certains diront que la nyctale pose là un geste noble. La vérité est tout autre, car en fait, elle qui chasse la nuit durant le sommeil des perdrix, veille sur son cheptel et ne veut pas laisser sa part au renard ! Quant aux perdrix, elles se réveillent chaque matin avec un membre en moins à leur petite troupe sans jamais comprendre pourquoi.

Cette fable visuelle nous met en garde contre ceux qui semblent vous épauler, mais qui en réalité le font dans le seul but de protéger leurs intérêts, leur chasse gardée !

Acrylique sur toile
Format : 36 X 48

La grande traversée

la-grande-traversee Récemment, l’artiste présentait l’esquisse de la fresque la grande traversée, une œuvre qui fera partie de la collection portant sur la vie et l’œuvre du célèbre curé Labelle, prêtre-colonisateur. Dominique Beauregardvient de signer l’œuvre finale. D’un format de 48″ x 24″, le tableau nous montre le célèbre personnage à bord du Circassianaccompagné du curé Jean-Baptiste Proulx qui consigne dans son carnet les grandes étapes de ce voyage visant à recruter des colons européens. Riche en symboles, l’œuvre nous rappelle un moment important et néanmoins méconnu de la vie du curé Antoine Labelle.

Prêt d’une toile

Dominique Beauregard prête l’une de ses toiles à l’exposition annuelle l’Histoire du Québec racontée par ses animaux, organisée par l’historien Alain Messier, auteur de plusieurs ouvrages et chroniqueur au journal Accès.

L’exposition, dont l’objectif est de stimuler l’intérêt des jeunes pour notre histoire par le biais de la faune et de la flore, rejoint les intérêts et l’attachement de l’artiste à ces sujets. C’est la toile « le Renard », appartenant à la collection personnelle de l’artiste, qui est présentée au chalet Pauline Vanier à Saint-Sauveur du 4 au 11 mai 2010. Cette toile est précieuse aux yeux de la peintre, car c’est l’œuvre qui a établi les bases de son nouveau style et à laquelle elle se réfère continuellement.

Dominique Beauregard se dit fière d’apporter sa modeste contribution à cette exposition :« J’applaudis à l’initiative d’Alain Messier qui, grâce à son exposition, sème dans les petites têtes des enfants, les germes de la curiosité envers notre histoire et notre patrimoine naturel ».

D’autres artistes de grand talent ont également généreusement prêté leurs œuvres à cette exposition. Sculptures, maquettes de bateaux célèbres, tableaux, etc., enrichissent la visite. Une ruche vivante permet d’observer de près les activités de ces petits hyménoptères, alors qu’un urubu à tête rouge vivant — un vautour dont l’envergure peut atteindre 1,80 m — attire la curiosité des visiteurs. En semaine, un spectacle de marionnettes est présenté aux groupes d’élèves.

Exposition l’Histoire du Québec racontée par ses animaux
Du  3 au 11 mai 2010 inclusivement. Durant la semaine, l’exposition reçoit les groupes d’écoliers. Les parents et adultes pourront visiter l’exposition samedi et dimanche prochains entre 10 h et 16 h.

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Dominique Beauregard en compagnie de l'historien Alain Messier

Esquisse complétée

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L’esquisse de La grande traversée du curé Labelle (titre provisoire) est maintenant complétée. Rappelons que la toile finale fera partie de la série portant sur la vie et l’œuvre du curé Labelle, prêtre-colonisateur. Pour l’artiste, c’est une première incursion sur l’océan puisque généralement elle privilégie des scènes se déroulant dans la forêt de son coin de pays les Laurentides.

Le curé Labelle a effectué deux voyages en Europe, le premier en 1885 et le deuxième en 1890. La grande traversée du curé Labelle nous montre le célèbre personnage à bord du Circassian accompagné du curé Jean-Baptiste Proulx qui consigne dans son carnet les grandes étapes de ces deux voyages. Il publiera par la suite deux ouvrages : Cinq mois en Europe ou voyage du curé Labelle en France en faveur de la colonisation et En Europe par çi, par là, d’où l’artiste a puisé son inspiration. Les observateurs remarqueront la disproportion des personnages qui se tiennent sur le pont du steamer. Un effet recherché par l’artiste afin de souligner l’importance du personnage et sa volonté d’allier à sa cause les colons du vieux continent. Encore une fois, Dominique Beauregard nous offre une fresque riche en symboles qui seront expliqués dans le texte qui accompagnera la toile et qui permettra de situer l’œuvre dans son contexte historique.

Le tabac du Yâbe

diable Cette nouvelle toile hors série est inspirée de la molène, une plante originaire d’Europe dont il existe environ deux cents espèces. Aussi appelée Tabac du Diable, probablement en raison de sa ressemblance avec le tabac, la molène est généralement considérée comme une mauvaise herbe. Elle peut atteindre une hauteur de deux mètres et mettre jusqu’à vingt ans pour germer.

Dans sa toile, l’artiste met en scène le Diable qui, à la faveur d’une nuit sans lune, vient récolté quelques feuilles de son tabac qu’il fait brûler dans sa pipe. Une légende dit que la brume matinale qui flotte nonchalamment au-dessus des champs serait en fait la fumée sortie du fourneau de la pipe du Diable qui s’attarde avant l’arrivée du jour.

« Même si cette plante est considérée comme une mauvaise herbe, je l’ai toujours trouvée très belle. Elle a quelque chose de primitif et son nom, tabac du Diable, est très évocateur », précise l’artiste.

La grande traversée

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Dans le cadre de sa série «les quatorze stations du curé Labelle», Dominique Beauregard entreprend les croquis de la prochaine fresque qui relatera les deux voyages en Europe du célèbre curé — le premier en 1885, le deuxième en 1890 — effectués dans le but d’aller recruter des colons français, belges et suisses et de régler quelques affaires au Vatican. Les croquis s’inspirent de deux ouvrages publiés à la fin du 19e siècle. Le premier en 1888: Cinq mois en Europe ou voyage du curé Labelle en France en faveur de la colonisation, écrit par Jean-Baptiste Proulx, curé de Saint-Raphaël de l’Île Bizard et plus tard de St-Lin et le deuxième, du même auteur, écrit en 1891 — l’année de la mort du curé Labelle —, intitulé En Europe par çi, par là.

Sur le premier croquis, nous apercevons le bateau à vapeur Circassian à bord duquel le célèbre curé a effectué sa première traversée de l’Atlantique.

«Un joli commencement de curé»

un-joli-commencement-detail Dans le cadre du projet « les quatorze stations du curé Labelle », une série de quatorze toiles dépeignant les grands moments de la vie du célèbre prêtre-colonisateur, Dominique Beauregard vient de signer la deuxième œuvre de la série intitulée Un joli commencement de curé. Nous devons cette expression au chevalier Gustave-Adolphe Drolet, ancien zouave pontifical qui a côtoyé le curé Labelle alors qu’il assurait la cure de la paroisse Saint-Bernard-de-Lacolle de 1863 à 1868. Le détail de cette toile, un avant goût de cette ambitieuse fresque historique, met en scène l’impétueux curé Labelle alors que planait la menace d’un envahissement des Fenians. Il avait alors lancé avec fougue : « Qu’ils ne s’avisent jamais de venir par Lacolle, vous me verrez à la tête de la compagnie qui les repoussera ! »

Le chevalier Drolet raconte dans les premières pages de son livre Zouaviana, une anecdote qui nous montre le curé patriote s’exerçant — pour le service de la compagnie que commandait le chevalier Drolet — à jouer dans un monumental clairon en cuivre rouge, les sonneries militaires et les appels aux armes ! Cette toile de 40 po x 40 po est chargé de symboles représentant la réalité de cette époque de notre histoire qui a marqué la vie du curé alors dans la jeune trentaine. Rappelons qu’à cette époque, la majorité des terres arables était occupée et labourée jusqu’à la frontière américaine. C’était l’époque de l’exode des colons canadiens-français embauchés dans les filatures de coton de la Nouvelle-Angleterre au lendemain de la guerre civile. Les Fenians, L’infanterie de Richelieu, l’exode des colons vers la Nouvelle-Angleterre, un curé Labelle à cheval claironnant ses élans patriotiques, Un joli commencement de curé illustre  une époque difficile de notre histoire. À ce point difficile que le curé-colonisateur a lui-même, dans un moment de découragement, songé à s’exiler aux États-Unis.

Aube

25_aube Fraichement sortie de l’atelier, cette dernière œuvre intitulée Aube est une commande exécutée pour une cliente adéloise. Bien que l’artiste n’accepte que très rarement les commandes, il arrive parfois qu’elle y consente à condition que le mandat soit ouvert et qu’elle dispose d’une entière liberté d’expression et de toute la latitude voulue. C’était précisément le cas pour cette toile. La cliente, qui souhaitait depuis longtemps posséder une toile de l’artiste, a choisi de s’offrir ce petit format de 24 po x 18 po à l’occasion d’un événement significatif pour elle. Petit format, car nous savons que Dominique Beauregard privilégie habituellement les grands formats.

Lorgnons du curé

Dans le cadre de ses recherches portant sur l’histoire des Laurentides, Dominique Beauregard fut amené à consulter les archives de La Société d’histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides qui possède, entre autres, le fond Isidore Martin. Isidore Martin, dit Gauthier, était le fidèle ami du curé Labelle, son homme de confiance. Il fit pas moins de 56 voyages en compagnie de «son curé». Il s’occupait de tout, du cheval, de la voiture de la nourriture. Il voyait même à ce que le curé ne manque de rien pour la célébration de la messe. Le fond Isidore Martin comprend 5 lettres adressées au fidèle ami par le curé alors qu’il était en voyage en Europe dans le but de recruter des colons et régler quelques affaires à Rome. Des lettres dans lesquelles le curé dicte ses recommandations — où plutôt ses ordres — à son fidèle ami afin d’assurer le bon fonctionnement de la ferme.

Tout au fond d’un carton rangé dans une étagère, se trouvait un trésor : les lorgnons du curé Labelle. L’artiste, usant de tout son charme, a obtenu la permission de se faire photographier avec pincée sur le nez les besicles de « son curé ». Datant de la fin du 19e siècle, les lorgnons du « gros curé de 333 livres » sont en excellent état. L’histoire ne dit pas si le fait de les avoir portés quelques minutes a permis à l’artiste de voir l’époque où vivait son personnage fétiche d’un autre œil. Dominique Beauregard peut cependant se targuer d’être l’une des rares personnes dont le nez fut un jour chaussé des lunettes du Roi du Nord!

La rencontre de deux fabulistes

fables-surtout-sur-tout La toile Le sommeil du juste illustre la page couverture du dernier titre du fabuliste adélois Jean-Pierre LétourneauFables Surtout sur Tout. À travers ses fables, Létourneau nous propose une vision inédite de l’univers. De la même façon, les toiles de Dominique Beauregard nous plongent dans des mises en scène visuelles qui empruntent largement à l’écriture de la fable. La rencontre des deux fabulistes devenait donc inévitable et surtout souhaitable.

Publié à compte d’auteur, Fables Surtout sur Tout compte soixante-sept fables, mises en page par l’artiste qui se dit honorée d’avoir été choisie par le fabuliste adélois dont elle estime le travail: «Les fables de Jean-Pierre Létourneau sont un pur délice à lire et à relire. Lorsqu’il m’a proposé d’utiliser l’une de mes toiles pour la couverture de son livre, je n’ai pas hésité une seule seconde à accepter.» La peintre se dit également fière de s’associer à la diffusion des talents adélois.

Résumé du livre:

La fable qu’on veut pour toujours écrire,
Est celle qu’on désire à jamais relire !
D’une touche d’humour et d’imaginaire,
Sérieuse sans en avoir l’air,
Elle séduit, charme et plaît
Sur tous les tons et par maints sujets.
Bien que parfois elle nous amuse,
La tragédie est le fond et sa muse.
En recherchant le vrai du faux
Et le faux du vrai,
Elle laisse parler les faits
Et s’écoute de ses plus jolis mots.
Ces mots élus, pensés, posés, choisis,
Au sein des idées sans fins, et d’éternelles poésies.
Alors avide lectrice et fébrile lecteur,
Humez, sentez, goûtez aux parfums de ses saveurs,
Et si l’une d’elles vous touche,
C’est que j’aurai bien fait mouche.

S’impliquer à l’Échelon régional

24_petit-reveur Dominique Beauregard offre une de ses toiles à l’organisme l’Échelon dans le cadre de L’Exposition-encan « Parle-moi d’amour dans les Pays-d’en-Haut » qui se terminait le 25 février dernier à l’occasion d’un encan silencieux qui s’est tenu au chalet Pauline-Vanier à Saint-Sauveur. Plus de 45 oeuvres d’entraidants, d’artistes professionnels et d’artistes en émergences étaient proposées aux amateurs d’art. C’est la deuxième année que L’Échelon s’associe aux « Impatients de Montréal », un organisme qui partage les mêmes objectifs.

« L’Échelon des Pays-d’en-Haut est un centre de jour alternatif et communautaire situé à Piedmont qui reçoit des adultes aux prises avec des problèmes de santé mentale et vivant sur le territoire de la M.R.C. des Pays-d’en-Haut. Les activités visent, en partie, à briser l’isolement, à offrir un soutien et à maintenir l’espoir au quotidien. Ayant comme valeur l’entraide au centre de sa pratique, les personnes qui fréquentent l’organisme sont appelées Entraidants. »

Le petit dormeur — acrylique sur toile de 10 x 10 — fut jusqu’à la toute fin de l’encan l’objet d’un duel amical entre deux acheteurs.

La recette de cette activité « servira à maintenir les activités d’art qui s’avèrent si thérapeutiques aux Entraidants de l’Échelon des Pays-d’en-Haut ».

Un nouveau site

Bienvenue dans mon nouveau site d’artiste. À l’ère du Web participatif, j’ai choisi la formule du blogue qui représente un moyen de communication unique entre le lecteur et l’artiste. Je vous invite à l’explorer et à y revenir souvent.

Puisqu’il s’agit d’un blogue, vous pourrez laisser vos commentaires sur les actualités publiées qui seront classées dans la section «Nouvelles de l’atelier». Les derniers commentaires laissés par les lecteurs apparaîtront quant à eux dans la section «commentaires récents». De plus, je compte inviter certains chroniqueurs qui partageront avec nous leur vision de l’art et de son marché.

Je travaille actuellement sur un projet qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit d’une série de toiles portant sur la colonisation et l’histoire des Laurentides, mettant en scène les protagonistes qui ont marqué le développement de cette région. Le scénario de chacune des toiles est tiré d’événements réels, d’anecdotes méconnues, mettant en scène des personnages comme Edmond Grignon, les colons, les compagnies forestières et bien sûr l’incontournable curé Labelle, figure dominante de la colonisation des Laurentides. Les quatre premières toiles de cette série ont déjà trouvé preneur à Sainte-Adèle. Les scènes décrites dans cette série sont tirées de ma collection d’ouvrages anciens portant sur l’histoire de la colonisation des Laurentides, certains écrits par le curé Antoine Labelle.

Bonne visite dans ce site qui se veut vivant et en mouvement.

Dominique Beauregard

En guettant Les ours

Cette toile fait partie de la série portant sur l’histoire de la colonisation des Laurentides. En guettant les ours met en scène Edmond Grignon, le « Vieux Doc », un des premiers médecins de campagne à exercer la médecine dans cette contrée hostile et sauvage à l’époque de la colonisation. C’est le célèbre curé Labelle, l’apôtre de la colonisation, qui a incité Edmond Grignon à venir s’installer dans les Laurentides. Le titre de l’œuvre, En guettant les ours, est en fait une expression utilisée à l’époque par les colons habitués à faire le guet dans les ténèbres avec leurs fusils pour protéger le grain et le bétail contre les ours.

Par extension, on disait des médecins qui assistaient les femmes en couches qu’ils «guettaient les ours». Edmond Grignon, dans son livre En guettant les ours, publié en 1930, explique :« Ces pauvres petits n’étaient pas pressés de quitter les limbes pour venir habiter un pays aussi triste et aussi froid et ils retardaient leur arrivée des jours et des nuits parfois ».

Emparons-nous du sol!

2_emparons-nous-du-sol Cette œuvre est un hommage au curé Antoine Labelle, Roi du nord, prêtre missionnaire-colonisateur. Figure incontournable de l’histoire des Laurentides, le «gros curé de 333 livres» a fortement imprégné son époque, et la nôtre par résonance. Prêtre-entrepreneur, il était l’homme d’une seule idée, ou d’une idée fixe, diraient ses contemporains: la colonisation. L’analyse du corpus des nombreux écrits et correspondances du célèbre curé de Saint-Jérôme laisse entrevoir ses visées nationalistes, bien que cet aspect de son projet de colonisation soit généralement passé sous silence par ses biographes. Certains textes, moins connus, ne laissent planer aucun doute chez certains auteurs quant à son intention de créer une nation canadienne-française par le truchement d’un projet pacifiste de colonisation des Cantons du Nord dans le cadre social agriculturiste d’une époque où le «destin» du Canadien français était de cultiver la terre:« Le travail de la terre était considéré comme le plus noble et le plus sain et le plus en harmonie avec la vision de l’homme prônée par l’Église. En vivant à la campagne, il était plus facile de conserver intactes les traditions, de faire survivre la nation. Le clergé fera tout pour que le peuple canadien-français conserve cette image de peuple du terroir, paisible, attaché à la famille et soucieux de garder sa foi et sa langue. (Lafortune p.21).

Né le 24 novembre 1833 à Sainte-Rose (dans l’Île Jésus, aujourd’hui Laval) et décédé le 4 janvier 1891 à Québec, Antoine Labelle sera curé de Saint-Jérôme de 1868 à 1891. Durant cette période, il ne cessera d’œuvrer, avec une rare ténacité, à la réalisation de son projet de colonisation. Curé panaché et marginal, réputé pour ses colères volcaniques aussi retentissantes que fugaces, il avait la stature d’un géant qui appelait néanmoins sa mère «Mouman». Un curé «dépareillé » qui aimait et défendait «ses colons» avec qui il aimait partager les vicissitudes de la vie à la dure. Un ecclésiastique qui s’est lié d’une profonde amitié à l’anticléricale féroce, journaliste et pamphlétaire Arthur Buies, qui a enrichi et diffusé par ses écrits le rêve d’Antoine Labelle.

Le curé Labelle est décédé à la suite des complications d’une «hernie étranglée» le 4 janvier 1891 à Québec à l’âge de 58 ans. Il aura laissé un héritage riche qui, selon l’artiste, est encore aujourd’hui sous-estimé.

Dans son œuvre, Dominique Beauregard brosse une scène symboliquement riche, coiffée d’un titre qui reprend le leitmotiv du curé Labelle : Emparons-nous du sol! L’ours, roi de la forêt, est entouré de ses colons incarnés par des renards, futés, astucieux et dégourdis. Le curé tient sous le bras ses cartes qui symbolisent l’homme de terrain, ses nombreux voyages d’exploration effectués dans «son  Nord» et les plans des nombreux villages qu’il a contribué à établir. La fleur de Lys est l’emblème du patriotisme. Dans sa main, la brochure La colonisation dans la vallée d’Ottawa, rédigée en 1880 (l’artiste a reproduit la couverture de l’ouvrage à partir d’un exemplaire original de l’époque qui fait parti de sa collection privée de livres anciens portant sur le curé Labelle et l’histoire des Laurentides). Les grands pins blancs, quant à eux, évoquent les Laurentides. Les montagnes dessinent la barrière physique et psychologique que représentaient à l’époque les collines laurentiennes : «À cinq ou six milles de l’église commençait la forêt, une forêt épaisse, infinie, regardée comme inaccessible. On croyait avoir atteint la limite des terres cultivables et le nom de «Nord» signifiait qu’il n’y avait plus au-delà de Saint-Jérôme qu’un printemps fugitif, qu’un été illusoire.»

—   Arthur Buies, Au portique des Laurentides

Faims de loup, fin renard

3_faim-de-loup Le tableau Faim de loup, fin renard est une œuvre narrative qui nous ramène à l’époque, pas si lointaine, où les Laurentides étaient sous la botte des magnats de l’industrie forestière qui avaient alors les coudées franches: «Les « barons du commerce du bois » sont, avec les « Lords du chemin de fer », les grands argentiers des partis politiques. Aussi, obtiennent-ils facilement non seulement d’immenses concessions forestières à des coûts dérisoires, mais encore une législation qui favorise leurs intérêts et tend à protéger et à consolider leur monopole*.» Durant la deuxième moitié du 19e siècle, la forêt est littéralement sous le joug d’une législation inique qui porte préjudice à la colonisation. Cet antagonisme entre les colons, «faiseurs de terres», et les barons «faiseurs de bois» a marqué l’histoire des Laurentides. Le député P.-B. Benoit, fondateur en 1884 de la colonie de Saint-Gérard-de-Montarville (Kiamika), déclare à propos de l’attitude d’un baron du bois nommé Stewart: «Il ne tient pas à voir des colons indépendants dans ses limites, qui amèneraient avec eux des marchands qui feraient concurrence à ses magasins et qui feraient augmenter le prix de la main-d’œuvre. À part le canton Kiamika dont les terres sont en vente, je ne crois pas qu’un seul colon depuis la Grande Chûte, à 100 milles en amont, n’a de titre de propriété, quoiqu’il y ait des gens qui y résident depuis près de cinquante ans. […] tous ces gens-là sont sous la dépendance de l’agent des terres et du faiseur de bois.*»

Faim de loup, fin renard illustre cette époque d’opposition entre colons et compagnies forestières. L’enjeu: conquérir le conquérant. Dominique Beauregard nous présente les protagonistes de cette lutte épique qui s’affrontent sur un damier. Une œuvre encore une fois chargée de symboles qu’elle nous invite à découvrir.

*Gabriel Dussault, Le curé Labelle, messianisme, utopie et colonisation du Québec. Éd.Hurtubise HMH, 1983.

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