«Un joli commencement de curé»
Dans le cadre du projet « les quatorze stations du curé Labelle », une série de quatorze toiles dépeignant les grands moments de la vie du célèbre prêtre-colonisateur, Dominique Beauregard vient de signer la deuxième œuvre de la série intitulée Un joli commencement de curé. Nous devons cette expression au chevalier Gustave-Adolphe Drolet, ancien zouave pontifical qui a côtoyé le curé Labelle alors qu’il assurait la cure de la paroisse Saint-Bernard-de-Lacolle de 1863 à 1868. Le détail de cette toile, un avant goût de cette ambitieuse fresque historique, met en scène l’impétueux curé Labelle alors que planait la menace d’un envahissement des fenians. Il avait alors lancé avec fougue : « Qu’ils ne s’avisent jamais de venir par Lacolle, vous me verrez à la tête de la compagnie qui les repoussera ! »
Le chevalier Drolet raconte dans les premières pages de son livre Zouaviana, une anecdote qui nous montre le curé patriote s’exerçant — pour le service de la compagnie que commandait le chevalier Drolet — à jouer dans un monumental clairon en cuivre rouge, les sonneries militaires et les appels aux armes ! Cette toile de 40 po x 40 po est chargé de symboles représentant la réalité de cette époque de notre histoire qui a marqué la vie du curé alors dans la jeune trentaine. Rappelons qu’à cette époque, la majorité des terres arables était occupée et labourée jusqu’à la frontière américaine. C’était l’époque de l’exode des colons canadiens-français embauchés dans les filatures de coton de la Nouvelles Angleterre au lendemain de la guerre civile. Les Fenians, L’infanterie de Richelieu, l’exode des colons vers la Nouvelle-Angleterre, un curé Labelle à cheval claironnant ses élans patriotiques, Un joli commencement de curé illustre une époque difficile de notre histoire. À ce point difficile que le curé-colonisateur a lui-même, dans un moment de découragement, songé à s’exiler aux États-Unis.

